Tu es venu au monde en silence,
la peau bleue, l’air arraché.
Et déjà, la vie te mettait à l’épreuve.
On aurait dû t’entourer d’amour,
mais tu as grandi dans les ombres,
avec des yeux qui voyaient flou,
et un cœur trop jeune pour porter autant de douleurs.
On t’a mal compris. On t’a jugé.
On t’a cru paresseux, étrange, trop sensible.
Mais ce qu’ils ne voyaient pas,
moi, je le voyais.
Je savais, même sans les mots,
que tu portais une tempête à l’intérieur.
Que tu avais été brisé, trop tôt,
par ceux qui auraient dû te protéger.
Et que malgré tout, tu continuais d’aimer.
Tu es devenu un homme sans avoir eu le droit d’être un enfant.
La vie t’a volé ton corps,
mais elle n’a jamais pu te voler ton âme.
Tu cries parfois fort,
mais c’est le cri d’un homme qu’on n’a jamais écouté.
Et moi, ta sœur, je suis là.
J’ai toujours été là.
Je ne t’ai jamais oublié.
Je sais que tu es bien plus que ce fauteuil,
bien plus que ce que les autres ont dit ou pensé.
Tu es un homme digne, complexe, lumineux,
un frère que j’admire et que j’aime.
Alors aujourd’hui, je te rends ce que personne ne t’a donné :
la reconnaissance.
La tendresse.
Et le respect que tu mérites.
Peu importe ce que dira le destin,
ton histoire vivra à travers moi.
Et si un jour tu quittes ce monde avant moi,
je te promets que ta voix ne sera pas enterrée dans le silence.
Je t’aime.
Pour toujours.
Chasa.